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De la non-importance du regard des autres

Hier, je parlais avec ma petite sœur, et la conversation s’est portée sur le regard des autres. Comme une écrasante majorité des adolescents, ma sœur accorde énormément d’importance au regard des autres, comme je le faisais à son âge, et comme, j’en suis certaine, beaucoup d’entre vous le font.

C’est un comportement normal : à l’adolescence, on ne sait plus très bien qui on est, et surtout, on a un immense besoin d’être aimé, entouré, admiré. Et dans ce monde où tout et tout le monde veut nous mettre dans des cases, cela devient extrêmement naturel de se conformer à ce que les autres attendent de nous. Voilà comme on se retrouve à suivre « la mode », à acheter les vêtements qu’il faut porter, à passer du temps avec les gens avec qui il faut être ami, à écouter la musique qu’il faut écouter, et surtout, à ne jamais, au grand jamais, sortir de ce cadre précisément établi. C’est aussi comme ça qu’on se retrouve à exclure et à juger ceux qui refusent de rentrer dans ce cadre. Et enfin, c’est comme ça qu’on perd l’étincelle de vérité qui brille au fond de nous. Cette étincelle de vérité, c’est la trace de la personne que l’on est vraiment, ou du moins, de celle que l’on voudrait être. C’est cette étincelle de vérité que l’on étouffe à chaque fois que l’on va à l’encontre de notre nature profonde pour se conformer à ce que les autres attendent de nous.

Et vous devez certainement le savoir, c’est un cercle vicieux : plus on tente de se conformer à ce que les autres semblent attendre de nous, plus on accorde d’importance à ce regard extérieur, et plus on essaye de rentrer dans le moule, et ainsi de suite, jusqu’à avoir complètement oublié qui on est. Et croyez-moi, c’est douloureux. C’est douloureux de réaliser que chaque chose que vous faites, et même la personne que vous êtes, est vide de sens, que rien là-dedans n’a de valeur, car ce n’est qu’un masque, une façade. A trop vouloir se conformer aux regards des autres, on en devient un robot, programmé seulement pour faire ce qu’on attend de lui, qui ne fait rien d’inattendu, d’irréfléchi, de spontané ou d’un peu fou. Il ne faut surtout pas rire trop fort, parler trop fort, faire de blagues car on ne sait jamais, peut-être que les autres ne riront pas, tomber amoureux de la mauvaise personne, acheter le mauvais vêtement, choisir la mauvaise filière, écouter la mauvaise chanson. Le moindre faux pas devient une angoisse, voire une obsession, car cela marquerait une craquelure dans cette image parfaitement conforme aux regards des autres que l’on s’est créée.

C’est un comportement normal. Ce n’est pas pour ça que c’est un comportement sain. Je vais aller droit au but : vous ne serez jamais heureux si vous cherchez à trouver le bonheur dans le regard que les autres portent sur vous. Le bonheur, vous devez le trouver en vous.

Le bonheur passe avant tout dans le fait d’être soi-même, d’assumer la personne que l’on est, et d’aimer cette personne. Bien sûr, ça demande du temps et des efforts, et il est parfois plus facile de se complaire dans la facilité d’être quelqu’un d’autre, quelqu’un qui plait à tout le monde car il est « comme il faut être ». Mais je vous dire un secret : même en essayant de vous conformer de façon totale à ce que les autres veulent que vous soyez, vous ne plairez jamais à tout le monde. Il y aura toujours, absolument toujours, des gens qui ne vous aimeront pas, que ce soit pour des raisons valables ou non. Personne ne peut être aimé par le monde entier.

Et même si c’était possible, même si le fait de prétendre être quelqu’un d’autre, cette fausse personne parfaitement conforme à l’idée que les autres se font de ce que vous devez être, plaisait à tout le monde, vous y seriez perdants. Car quand vous plaisez à tout le monde, vous êtes incapables de déterminer si ces gens vous aiment parce que vous êtes conformes à ce qu’ils attendent de vous, ou s’ils vous aiment vraiment pour ce que vous êtes.

En acceptant d’être vous-même, cela sera beaucoup plus clair. Vous saurez que les gens qui vous aiment vous aiment pour ce que vous êtes, pour vous, et c’est comme ça que vous pourrez tisser de véritables relations profondes, durables et épanouissantes. C’est comme ça que vous tomberez amoureux de la bonne personne, et que vous trouverez des amis pour la vie, parce que ce seront des gens qui aiment la personne que vous êtes réellement, et non pas une fausse image de vous. Si vous ne vous autorisez pas à être vous-même, vous ne pourrez jamais trouver ce niveau de connexion et de profondeur.

Pensez à tout ce que vous raterez si vous ne vous autorisez pas à être vous-même : peut-être que vous n’oserez jamais laisser libre cours à votre vraie passion, parce que ça fait trop intello, trop artiste, trop geek. Peut-être que vous êtes super doué pour l’informatique, la peinture, l’écriture, mais vous allez cadenasser ce talent et cette étincelle de passion parce que ça n’est pas conforme à l’idée que les gens se font de ce que vous devez être. Peut-être qu’à cause de ça, vous passerez à côté de votre vocation, parce que c’est plus facile de suivre le chemin tout tracé que de sortir des sentiers battus. Peut-être que vous passerez à côté des meilleures personnes de votre vie, parce que vous aurez eu trop peur de les fréquenter, parce qu’elles ne rentrent dans aucune case. Peut-être que vous vous condamnerez à toute une existence de respect des règles établies et des normes sociales, à toute une vie de conformité et de routine, parce que vous aurez choisi de cadenasser cette étincelle qui brille en vous et qui pourrait vous mener à faire des choses extraordinaires, si seulement vous la laissiez briller.

Etre soi-même, ça ne passe pas forcément par de grands gestes, mais à chaque fois que vous déciderez d’acheter un vêtement un peu différent, sans vous souciez de savoir s’il plaira à votre famille, à vos amis, à votre copain ou votre copine, mais simplement parce qu’il vous plait, vous ferez un pas vers la personne que vous êtes vraiment. A chaque fois que vous déciderez d’écouter un artiste qui vous plait et de le revendiquer, même si ça fait trop « hipster », trop « cliché », trop « groupie », vous ferez un pas vers la personne que vous êtes vraiment. Chaque fois que vous oserez dire ce que vous pensez vraiment, sans vous souciez de savoir si votre opinion sera conforme à celle des autres, vous ferez un pas vers la personne que vous êtes vraiment. Vers la personne formidable que vous avez le potentiel de devenir.

Et en faisant ça, je vous assure, vous attirerez des gens formidables, des gens qui vous conviendrons vraiment, des gens qui aimeront votre façon de vous habiller, vos goûts musicaux éclectiques, vos opinions tranchées, des gens qui aimeront tout ce qui fait de vous une vraie personne, et non pas un robot, ou le membre inconnu d’une foule identique.

C’est en étant vous-même que vous commencerez vraiment à vivre. Ne perdez pas de vue qu’à chaque seconde que vous passez à vous préoccuper de l’avis des autres, c’est une seconde de votre vie que vous gâchez, alors que ces autres, eux, continuent de vivre leur vie, comme ils l’entendent. Vous vivez pour vous, et ça serait vraiment dommage d’utiliser cette vie à tenter vous conformer à ce que les autres attendent de vous.

N’ayez pas peur d’être vous-même, d’être geek, d’être superficiel, d’être engagé, d’être passionné, d’être calme, d’être intelligent, d’être créatif, et tout ce qu’il y a entre tout ça. Le monde n’a pas besoin d’une énième copie de ce qu’un adolescent de 2016 « devrait être ». Le monde a besoin de vous, cette personne absolument unique qui porte en elle une galaxie toute entière, et qui est capable de réaliser des choses merveilleuses, si elle s’en donne la possibilité.

Croyez-moi, le bonheur arrivera de lui-même si vous commencez à vous préoccupez un peu plus de vous-même, et un peu moins des autres. Et vous méritez, vraiment, de goûter à ce bonheur.

***

N’hésitez pas à me laisser un commentaire en me disant ce que vous avez pensé de cet article, en me faisant part de vos expériences sur le regard des autres et le fait d’être soi-même, ou de vos conseils pour arriver à se détacher de ça, ou de tout ce qui vous passera par la tête.

Prenez soin de vous (et des autres).

PS : Mon article sur les maisons de Poudlard est toujours d’actualité, mais il me demande beaucoup de temps, temps que j’ai du mal à trouver ! Il finira par arriver, c’est promis.

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