Questions de société

Mes conseils pour réussir l’épreuve de philosophie du baccalauréat

Ça y est, nous voilà entrés dans la dernière semaine précédant le baccalauréat, la fameuse « semaine de révisions ». Pour Axelle et moi, c’était il y a deux ans, mais croyez-moi, je m’en souviens comme si c’était hier. Forte de ces souvenirs, j’ai décidé de vous parler aujourd’hui de l’épreuve sans doute considérée par les lycéens comme étant la plus obscure et la plus difficile, j’ai nommé : la philosophie.

En effet, l’épreuve de philo est bien souvent la bête noire des élèves de terminale, et à l’approche du baccalauréat, qui n’a jamais entendu les fameux « De toute façon, en philo, c’est impossible d’avoir plus de 9 » et autres « Faut être perché pour réussir la philo » ? Ces clichés sont si répandus que peu d’élèves se présentent à l’épreuve en espérant y briller. Et pourtant, décrocher une bonne note n’est pas si difficile qu’il n’y parait. Voici, en exclusivité pour vous, mes six conseils pour y parvenir.

  1. N’essayer pas de vous conditionner pour placer dans votre copie le maximum de noms d’auteurs ou de citations, parce que ce n’est pas ce que les correcteurs attendent. Evidemment, si vous en avez en tête qui s’intègrent dans votre sujet et illustrent bien votre propos, foncez, mais nul besoin de paniquer si ce n’est pas le cas, c’est loin d’être ce qui est primordial dans cette épreuve. En effet, votre correcteur n’attend non pas de vous une liste détaillée des philosophes célèbres et de leur pensée, mais une réflexion personnelle et pertinente. Il veut voir que vous savez réfléchir.
  2. C’est le plus personnel de mes conseils et absolument rien ne vous oblige à le suivre, mais personnellement, je ne peux que vous enjoindre à prendre un des sujets de dissertation, et non le commentaire. Je sais que le commentaire donne un sentiment de sécurité assez rassurant, mais gardez à l’esprit que vous pouvez rater tout votre travail pour une phrase, voire un mot mal interprété (cf mon bac blanc du 2ème trimestre de terminale, je ne m’en suis toujours pas remise). De plus, prendre la dissertation vous permettra bien davantage de vous démarquer. En effet, avec un commentaire, tout le monde planche sur le même texte, et votre correcteur se retrouva donc certainement avec des dizaines de copies allant dans la même direction et dévoilant une pensée similaire. Alors que sur une dissertation, vous pouvez véritablement rendre votre copie unique et marquante, grâce à une façon d’interpréter le sujet particulière, un raisonnement différent ou des exemples inédits. Et rendre votre copie unique par rapport aux centaines de copies qu’aura à corriger votre correcteur, ça peut faire la différence.
  3. Contrairement à toutes les autres matières, en philosophie, essayez de ne pas être trop scolaire. Comme je l’ai dit plus haut, on ne vous demande pas de recracher bêtement un cours mémorisé à l’avance, mais bien d’utiliser votre cerveau, de réfléchir. Bien souvent, avant d’être des sujets d’examen, les questions de dissertations sont des questions qui peuvent se poser dans la vraie vie, et sur lesquelles vous pourriez facilement débattre avec d’autres gens. Alors essayez autant que possible de sortir du cadre scolaire et de vous poser véritablement la question, cela vous aidera pour former votre opinion et trouver des arguments.
  4. D’après mon expérience, la chose qui fait vraiment la différence, c’est d’essayer de voir le sujet sous un angle différent, en particulier dans la dernière partie de votre dissertation. Ce point est un peu plus technique, je m’explique : généralement, les deux premières parties de la dissertation coulent de source « oui… mais » ou « non… mais », en gros (ou quelque chose dans le genre « on peut penser cela… mais on peut aussi penser ça »). Et c’est souvent dans la dernière partie qu’on se retrouve bloqué, on a déroulé deux points de vue et toute la difficulté consiste à conclure son propos. Dans ce cas-là, le meilleur conseil que je puisse vous donner est de changer le point de vue dont vous vous êtes placés dans les deux premières parties. Exemple : mon sujet de bac était « l’artiste donne-t-il quelque chose à comprendre ? ». Dans mes deux premières parties, j’avais parlé de l’artiste et de l’intention qu’il a en créant son œuvre. Dans la 3ème, j’ai complètement changé de point de vue, en disant qu’au final, ce n’était pas tant l’intention de l’artiste qui comptait, mais le fait que le spectateur de l’œuvre veuille ou non y trouver quelque chose à comprendre. Ainsi, le spectateur peut trouver quelque chose à comprendre dans une œuvre sans que l’artiste l’ait pour autant voulu, et inversement. Et si vous regardez dans les annales du bac, il y a beaucoup de sujets où vous pouvez changer de point de vue dans la dernière partie. Je vous mets quelques exemples ci-dessous :
  • Sujet 2015 – Centres étrangers d’Afrique : « Peut-on vraiment comprendre autrui ? », on pouvait faire un plan du type I. Non. II. Mais on peut essayer (en gros) et III. Avant de comprendre autrui, ne faut-il pas se comprendre soi-même ? A partir de la question du sujet, vous avez deux éléments, le fait de comprendre quelqu’un d’autre, tout en étant soi-même un individu à part entière, confronté à un autre individu. Vous changez de point de vue dans la dernière partie.
  • Sujet 2015 – Pondichéry : « La culture nous protège-t-elle de la violence ? » peut amener à un plan style I. Oui/Non II. Mais… III. La culture n’est-elle pas d’abord ce que les hommes en font ? Puisque ce sont les humains qui créent et modèlent la culture, elle ne serait donc un rempart contre la violence que si elle est entre les mains d’individus pacifistes. La culture, au fond, est à la merci de ce que les humains en font, et c’est à eux de choisir s’ils veulent en faire un instrument servant à combattre la violence, ou au contraire à l’alimenter.
  • Sujet 2016 – France métropolitaine, série STMG : « Pour être juste, suffit-il d’obéir aux lois ? ». La question nous amène à un plan un peu similaire au sujet précédant, du type I. Oui/Non II. Mais… III. Les lois sont d’abord créées par les hommes, donc si elles ont été faites par eux dans un idéal de justice, la réponse au sujet peut effectivement être oui, mais ce n’est pas toujours le cas, donc une fois de plus, ça dépend de ce que les hommes en font.
  • Tous ces plans demandent bien sûr à être développés et travaillés (je les ai bidouillés en quelques minutes, pardonnez-moi), mais c’était pour vous donner une idée. Comme vous pouvez le voir, dans un certain nombre de sujets, vous pouvez finir en disant que ça dépend des hommes (ex du sujet sur la compréhension d’autrui) ou de ce que les hommes en font (la culture ou les lois). Essayer de toujours penser à la complexité et la dualité de l’être humain, ça peut vous permettre de débloquer votre raisonnement dans votre dernière partie.
  1. Pour ce qui est du commentaire, je suis moins calée, mais n’oubliez pas d’étudier tous les mots, toutes les phrases, d’aller vraiment au fond des choses pour ne passer à côté de rien.
  2. Mon dernier conseil, et pas des moindres : faites-vous confiance ! Tout ce dont vous avez besoin est déjà dans votre tête et vous êtes parfaitement capables de l’utiliser. Tout ce qu’on vous demande, c’est de réfléchir. Il suffit de garder l’esprit ouvert, et de vous rappeler de sortir de votre zone de confort, de retourner le sujet, de voir les choses sous un autre angle au moment où vous serez bloqués dans votre raisonnement.

Voilà, tous ces conseils m’ont permis de décrocher un joli 16/20 au bac de philo, alors j’espère qu’ils vous seront utiles aussi ! Je rappelle qu’ils restent très personnels et que je ne prétends pas être professeur de philosophie, écoutez en priorité ce que vos enseignants vous ont dit, mais je me suis dit que mon expérience pourrait peut-être être bénéfique à quelques-uns d’entre vous. N’oubliez pas que la philosophie ne reste qu’une épreuve parmi d’autres, et que même si vous n’y brillez pas, ça ne signifie pas pour autant que vous n’aurez pas votre bac, loin de là. Faites-vous confiance, vous êtes parfaitement capables de gérer tout ça !

Merci de m’avoir lue, j’espère que cet article vous aura plu et je penserais très fort à vous jeudi. A la prochaine,

Jeanne.

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